11 octobre 2009

Pan_Th__mrt

C'est peut-être en revenant du lavomatique que la graine d'idée a prit racine. Avant, dans les lointaines contrées de Feujtown je n'avais pas compris cette fascination que Raymond avait pour les lavomatiques. Je me suis dis que j'avais sans doute encore grandit de quelque part. Depuis que j'ai observé le hublot de la machine tourner sur lui-même à toute vitesse j'ai l'impression d'être passé de l'autre côté d'un miroir qui n'est pas le mien.

Lewis Carroll a bonne allure sur les photos, je le trouve beau mais quelque chose m'échappe en vérité. J'aurai voulu connaïtre Alice mais je me rend compte que ça n'est pas la blondinette qui m'interpelle, je veux toujours connaître la source et l'origine, en l'occurence : Alice Liddell.

Méfis toi encore des adultes, oh je sens la chose rampante et froide, je vois bien le serpent qui passe entre les gens dans une seconde trop courte, je vois bien la machination absurde du temps qui me fait prendre leur allure, leurs méthodes, j'entends les sifflements.

Mes relations sociales actuellement sont comparables à un bol de thé froid et oublié, ponctué trop rarement par l'étincelle du Peuple. Comme s'il n'était pas déjà hanté par nombre de bestioles obscures, j'entre encore un peu d'encre noire dans les entrailles du Soom qui me dit tu vois, Plus Belge la vie. La bière est délicieuse.

J'observe Lili dans mes draps propres avant l'arrivée du sommeil, elle attend le moment idéal pour accrocher au ciel ses étoiles en carton qui brillent mieux que des vraies. Tu sais quoi la môme? Si ta taille dépasse un jour cette branche, alors tu va voir Milo et tu prends le flingue le plus puissant qu'il puisse avoir, et puis tu viens m'en coller une, juste là. La gamine aux cheveux de blés me sourit comme un fruit sucré, "Tu parles, j'grandirais pas, j'en ai pas envie, et personne ne m'y oblige. Le grand gourmand c'est ton problème Capitaine, pas le mien". Elle grimpe sur sa balançoire et disparait dans les nuits des Mille-Pourpre. Il pleut sur Bruxelles, l'inconnue.

Sans eux je deviens comme les autres. Révélation de ruelle froide, j'invite ma routine sur l'estrade. Attention, je jette un oeil à mon reflet et je dis Gloire sans attendre de réponse.

Maintenant, je voudrais vous présenter ce qu'est la Gloire : C'est un visage ingrat semblable à ceux des rongeurs quand la nuit on les aveugle de nos flash, c'est de la peau souillée sur un squelette humide, c'est du trés grand dans du tout petit et inversement. Et je remercie le miroir, convaincu qu'on aura la Gloire par la Gloire. Tu vois, j'invente une fin à mes histoires. Lorsque ton reflet est immonde, ton miroir est honnête. Tant pis si ça vous gène.

Alors quoi, et bien voilà, j'écris dans un carnet pour un Absent, un tigre blanc fait sa ronde et peut-être qu'un jour, si tu reviens, si tu veux bien, on pourrait boire du thé et se donner des coups pour rire, peut-être qu'on pourra encore mettre le Sud plus prés du Nord, à la santée de ceux qui partent. A l'heure qu'il est tu as surement quitté Rome pour rejoindre la Grèce.

Il pleut sur Bruxelles, l'inconnue.

A présent les choses sont limpides : Le temps va passer et mon corps va devenir grand, ma tête va devenir grande, mes yeux finiront par se clore définitivement et je n'aurai tenu que la moitié de mes promesses. Mais il y a quelque chose qui ne porte pas de nom et que j'ai definitivement empeché de grandir, quelque chose d'essentiel que beaucoup ne verront jamais, qui est posé à sa place juste là, entre Mille-Pourpre et ma tasse de thé.

Quelque chose qui restera môme jusqu'à ce que la mort me sépare.

Posté par salefee à 18:09 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur C'est peut-être en revenant du lavomatique que la

    " Il nous faudra bien du talent pour devenir vieux sans être adulte..."

    Hé oui, il nous en faudra du talent pour devenir vieux sans être adulte... Mais, ce talent, nous l'avons, j'en suis plus qu' intimement persuadée!! Parcequ' on aura toujours 5 ans devant un feu d'artifice, parcequ' on tapera toujours dans nos mains pour faire vivre les fées, parcequ' on boira toujours des thés aux noms aussi improbables que poétiques dans des théière de plastique colorées, accompagné de pan cakes et de pommes caramélisées a la chantilly, parcequ' à 21 ans, à 29 ans on dormira toujours avec Nicolas qui n' a plus ses yeux et avec Martin qui porte, sur sa fourrure marron, des traces de brulures de cigarettes, parce que tu recevras toujours ton cadeau de noël a ton anniversaire et ton cadeau d'anniversaire a noël et parce que c'est bien comme ça, parce que tu sera toujours ma petite sœur (sauf les soirs ou je bois trop, alors c'est toi la grande!!!) que j'aime tant, ma petite fée des crayons, parce qu' on fera toujours partie de la pingu family même si celle ci est éclatée (mais on a l'habitude, nous, des familles éclatées!), parce que je te chanterais toujours, chaque fois que tu le voudra, l'histoire d' Émilie jolie et des oiseaux, celle de la sorcière et celle du hérisson... Parceque je t'aimerais toujours avec un amour d'enfants petite soeur... ...

    Posté par clochette, 22 novembre 2009 à 16:18 | | Répondre
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